Voici un nouvel OS, assez autobiographique, il regroupe tout ce que je ressens en ce moment à l'égard d'un certain mec que je ne nommerai pas ici...
POV Bill...
Berlin, 16h, sortie du cours de spé physique au lycée...
Je sors de mon cours de spécialité et file dans la cour du bahut avant mon heure d'obligatoire...Une petite bouffée d'air frais après avoir passé deux heures sur des montages d'optique dans une ambiance suffocante. J'aperçois ma bande de potes et me dirige vers eux, parmi ce groupe de mecs aussi fous que dérangés, je peux voir Tom, le mec pour lequel j'en pince très sérieusement depuis plus de 6 mois. Je fais la bise à tout le monde et vais me loger dans ses bras pour mon câlin quotidien, c'est une habitude amicale, habitude que j'ai pris bien vite et qui fait tant de bien au moral...Je suis bien dans ses bras, comme à l'abri de tout et de tous, comme si ma place avait toujours été là, comme si je faisais vraiment partie de sa vie, plus qu'un simple pote en somme. J'y suis si bien que je pourrais m'endormir sans plus me poser de questions...Un contact si doux et si puissant à la fois...Qui m'est interdit, enfin, m'est juste autorisé à titre amical, un contact réservé à une autre. Je me sens mal, j'ai un putain de vague à l'âme et ça me gonfle, je sais que je ne l'aurai jamais et ça me tue, ça me bouffe totalement...Je sais que je suis maso de continuer à lui faire des câlins, mais c'est plus fort que moi, j'en ai besoin, c'est essentiel à mon équilibre. Il aurait été homo, j'aurais pu lutter, mais là, c'est impossible, cette fille a tout ce qui l'attire, moi non...C'est tout...Pas besoin d'aller plus avant dans les constats qui font mal au moral.
[...] 3 mois
Je suis assis sur le muret devant le lycée et fume ma clope doucement, nous sommes en Décembre et la fumée de ma cigarette se confond avec la vapeur produite par ma respiration, il fait froid ce matin, le ciel est gris perlé, bas, il va certainement neiger dans la journée, j'ai arrêté de câliner Tom mais mon amour pour lui me bouffe toujours autant...Les autres ne comprennent pas pourquoi j'ai fini par éviter notre petite bande, constituée l'an passé...Ils ne peuvent pas comprendre, je ne veux pas qu'ils sachent, personne ne doit savoir...personne...Je l'évite encore plus que le reste du groupe, sachant parfaitement que je vais avoir droit à un interrogatoire en règle si je le croise, alors je fuis...Je sais, c'est vraiment lâche comme comportement, mais je n'arrive pas à me faire une raison, alors je les évite et les fuis tous, car je sais très bien que je n'arriverai à éluder leurs interrogations que pendant un temps, ils sont bien trop têtus pour en rester sur une réponse évasive...Eh merde! Voilà Tom qui vient vers moi, j'avais réussi à l'éviter mais là je suis coincé, il m'a vu et se dirige droit vers moi...Adieu monde cruel...J'ai juste envie d'aller me pendre.
Tom:
Salut, tu vas bien?
Moi:
Mmmh!...Comme on peut aller par -5° et qu'on se les pèle quoi!
il rigole et s'asseoit à côté de moi...
Tom:
Alors Bill? Comment tu vas?? Je veux dire, là dedans?? Il montre ma tête puis mon coeur. Tu nous évites tous depuis 3 mois, tu ne nous parles plus, tu m'évites moi aussi...Je t'ai fait quelque chose?? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas??
Moi:
Non non, rien de tout ça...C'est juste moi...J'ai besoin de m'isoler, puis comme ça va pas fort en cours en ce moment, bah le moral en prend un gros gros coup en fait...
Tom:
Oui, mais j'en sais qu'il n'y a pas que ça...Quelqu'un t'a fait du mal ou autre chose dans ce style??
Moi:
Mais non je te dis!!J'en ai marre, je veux pas parler, je veux qu'on me foute la paix c'est tout! Pourquoi est ce qu'on pense toujours que quelqu'un m'a forcément fait du mal quand je ne vais pas spécialement bien !?! Je suis pas en sucre merde, je sais encore me défendre si on vient me chercher!!
Il me regarde, vaguement surpris, mes coups de colère, aussi spontanés et brefs soient ils, sont légendaires dans notre petit groupe et il sait que je vais vraiment m'énerver et pour le coup, lui faire la gueule...
Je me lève et jette ma clope à terre, ça ne sert à rien que je resteici, je vais m'énerver et vendre la mèche si ça continue...et je ne veux surtout pas que ça arrive, il se foutrait de moi, les autres se foutraient de moi si ils le savaient, mais c'est comme ça...
Je sens une main m'attraper le bras, je tente de me dégager mais c'est peine perdue, Tom me retient et n'a pas l'air décidé à me lâcher...
Tom:
Bon, maintenant j'aimerais que tu m'expliques Bill! Qu'est ce que j'ai bien pu te faire qui justifie le fait que tu me fuies comme la peste?
Moi:
Mais rien bordel!! Alors lâche moi tu veux !?! J'ai pas envie d'en parler c'est tout!
Tom:
Bill, il va bien falloir que tu parles un jour ou l'autre, c'est entrain de te ronger, je ne sais pas de quoi il s'agit, mais ça te bouffe et tu dois en parler...
Moi:
Mais ta gueule! Tu ne sais pas pourquoi je suis comme ça alors lâche moi! J'me tire, je ne suis pas venu pour subir un interrogatoire!! Ne me force pas à parler de choses dont je ne veux pas parler, merde!!
Putain...J'ai envie de vomir là, je...putain je vais rentrer parce que là je tiendrai pas...j'arrive à me dégager de sa prise et me dirige en courant vers le premier arrêt de tram' qui me reconduira chez moi...j'en ai marre, mais putain de marre là...je mets mon casque sur ma tête et lance la première chanson qui se présente sur le menu de mon baladeur...Love is a killer des Vixen...je fouille dans les poches de mon treillis et sors mes clés avant de descendre du tram'...je merche un peu le long des rues avant de rentrer à la maison...je sais que je vais me faire passer un savon parce que j'ai séché mais bon...j'arrive et ouvre la porte, à peine ai-je le temps de poser mon sac que j'entends ma mère m'appeler...
Maman:
Bill?? Qu'est ce que tu fais là?
Moi:
Rien maman, c'est juste que j'me sentais pas bien, je suis rentré...C'est tout.
J'entends des pas descendre les escaliers et deux bras entourent mes épaules...Je me laisse aller doucement dans l'étreinte chaleureuse et rassurante de ma mère, elle me retourne et me reprend dans ses bras puis me caresse le dos en de petits cercles apaisants...
Maman:
A d'autres Bill! C'est moi qui t'ai mis au monde et qui t'ai élevé, alors dis moi ce qui ne va pas...Tu es vraiment détaché en ce moment, comme mélancolique et en proie à quelque chose qui te ronge de l'intérieur...Tu sais que tu peux m'en parler non !?!
Moi:
Oui mais...
Maman:
Mais quoi Bill? C'est à cause d'un garçon que tu te mets dans cet état?
Je baisse la tête et me dégage de ses bras puis vais me poser comme une larve sur le canapé, repliant mes jambes sous moi...
Moi:
Moui...
Maman s'avance vers le canapé et vient s'asseoir à mes côtés puis passe sa main dans mes cheveux...
Maman:
Parle moi Bill, je ne peux pas deviner de quoi il retourne si tu ne me dis rien.
Moi:
Bah, tu sais l'an dernier j'ai commencé à traîner avec certains de mes camarades de classe et on s'est rapidement liés d'amitié...Puis quand on a fait le voyage en classe j'ai vraiment réalisé l'étendue de mes sentiments pour lui...Quant on est rentrés ça ne s'est pas arrangé, loin de là. L'année s'est terminée et on a fait une sortie tous ensemble, tu sais le fameux soir ou tu m'as récupéré bourré...
Maman pouffe légèrement à ce souvenir, c'est vrai que ce soir là j'étais pas vraiment frais, j'avais carrément commencé à taper la discute à l'appuie tête de la voiture...
Maman:
Oui, ça je m'en souviens...
Moi:
Bah ce soir là, quand on était dans le bar, on a commencé à parler tous les deux, puis il a commencé à parler de sa copine, ça m'a fait redescendre de mon nuage plutôt brutalement alors je me suis renfrogné et ai bu, suivant les autres et faisant comme eux, mais pas pour les mêmes raisons...Eux, c'était pour se défouler et décompresser après les épreuves anticipées, moi c'était pour oublier...Puis l'année scolaire étant terminée, on est tous partis en vacances, sauf que mon attirance pour lui me bouffait chaque jour un peu plus, j'en pouvais plus, je ne savais pas à qui en parler alors je me suis tu et ai tout gardé à l'intérieur...Puis on est tous entrés en terminale et j'ai vu qu'on était ni dans la même classe, ni dans le même groupe de spécialité, j'ai cru que j'allais réussir à moins y penser vu qu'il n'était pas dans ma classe...
Maman:
Mais ça a été tout le contraire...Je me trompe?
Moi:
Nan, vu l'heure à laquelle j'arrive le matin, je l'ai croisé à chaque fois et on reprenait l'habitude de se retrouver à la grille le matin avec toute la bande, puis on parlait, se mettant bien souvent en retard les uns les autres...Puis un matin, je sais pas pourquoi, j'étais pas dans mon assiette et lui ai fait un câlin...Mais j'étais loin de me douter que je me sentirais aussi bien dans ses bras...Et tout est parti de là...J'ai réalisé que je n'avais pas le droit à ça, qu'une autre avait ce droit et que je devais me contrôler un peu, j'ai commencé à tous les éviter et à me renfermer, trouvant toujours une excuse pour me sauver quand ils voulaient me parler...Mais ce matin, Tom a réussi à me coincer, il a éssayé de me tirer les vers du nez, mais je me voyais mal lui avouer que c'est à cause de lui et de mes sentiments pour lui que je les fuis avec la même assiduité depuis 3 mois...Alors je l'ai envoyé péter et suis rentré, je me sentais trop mal pour rester au bahut aujourd'hui...
Maman:
Oui, je comprends mon grand, mais tu sais, ce n'est pas une solution de n'en parler à personne. Si tu avais réussi à te défiler ce matin encore, tel que je te connais tu serais allé en cours et n'aurais parlé de ça à personne, je ne l'aurais jamais su et tu aurais gardé ça au fond de toi pour combien de temps encore? Des semaines, des mois peut être et ça t'aurait détruit à petit feu...Je ne sais pas vraiment quoi te dire d'autre, si ce n'est que je comprends parfaitement ce que tu dois ressentir en ce moment, et que si tu as le moindre problème, tu sais bien que tu peux venir m'en parler quand tu veux, je suis ta mère après tout...
Moi:
Merci maman...
Je me cale dans ses bras et finis par m'endormir, pas apaisé mais un peu plus serein...
Une main dans mes cheveux finit par me tirer de mon sommeil et je constate qu'au coure de ma petite sieste, je me suis allongé et ai posé ma tête sur les genoux de maman...Mais elle est manifstement en train de parler avec quelqu'un, oh merde! La honte quand même, presque 18 ans et je m'endors encore dans les bras de ma mère...Encore dans les vapes, je distingue les contours d'une silhouette familière, avec un peu plus de discernement, je réalise que c'est Tom qui discute avec maman, mais bordel il fout quoi là?
Moi:
Tom? Mais qu'est ce que tu fous ici??
Tom:
Bah après ton coup de colère de ce matin, j'ai voulu voir si t'allais bien et si possible en savoir plus...
Moi:
Mais en savoir plus sur quoi nom de dieu?? Je t'ai déjà dit que je voulais pas en parler, mais c'est pas vrai ça, pourquoi tu m'as suivi!
Tom:
Euh nan, on s'était tous donnés nos adresses l'an dernier alors fallait que ça serve un peu...
Je me lève précipitemment du canapé, attape mon sac et file dans ma chambre, je ne veux rien avoir à lui dire.
Je ne sais plus quoi faire, je suis perdu...Mais je ne veux pas qu'il sache, il se foutra sûrement de moi si il vient à l'apprendre...Puis ça ne sert à rien que je le lui dise, il est hétéro et en couple, je n'ai donc pas vraiment de chances...Quelqu'un vient frapper à ma porte, 3 petits claquements secs sur le bois noir et dur...Une voix que je connais bien s'élève derrière le panneau...
Maman:
Bill, cesse de faire l'enfant, c'est lui?
Moi:
Oui...Tu comprends pourquoi je ne veux pas lui parler?
Maman:
Je dois avouer que non...Laisse moi entrer, j'ai l'impression que tu ne m'a pas tout dit...
Moi:
Alors mets le dehors s'il te plait...Je ne veux vraiment pas qu'il sache.
J'entends maman s'éloigner et enfouis ma tête dans mes coussins...
Fin POV Bill...
POV Sandrine
Je reprends le couloir et retourne voir Tom...
Moi:
Je suis désolée Tom, mais il ne veut vraiment pas te parler...Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais il est vraiment chamboulé...
Tom:
Ce n'est rien, mais j'aurais aimé savoir quelle raison peut bien le pousser à me fuir comme la peste et à nous fuir tous autant que nous sommes la bande et moi...
Moi:
Je comprends, mais tel que je le connais, si vous essayez de le forcer à parler il se renfermera encore plus et vous en saurez encore moins. Laissez lui le temps, il finira bien par vous parler de ce qui le tracasse...
Je lui ouvre la porte et il ne tarde pas à sortir, mais je vois comme de la tristesse et de la déception dans son regard...
Tom:
Bon, ben merci madame, à bientôt...
Moi:
A bientôt Tom...
je referme la porte derrière lui et retourne voir Bill, dont la porte des toujours fermée à clef...Je frappe doucement et l'entends venir ouvrir...
Fin POV Sandrine...
POV Bill...
Maman frappe à ma porte, je me lève et vais lui ouvrir puis retourne m'affaler comme une larve sur mon lit...
Maman:
Bill, pourquoi est ce que j'ai l'impression que tu ne m'as pas tout dit ce matin ?
Moi:
Parce que Tom est hétéro et en couple qui plus est...Et c'est ça qui me bouffe...Je ne peux pas lutter, cette fille a tout ce qui plaît à Tom et tout ce que je n'ai pas...je ne peux pas lutter contre ça.
Maman:
Ah, le voilà le fond du problème...
Moi:
Ouais, encore il aurait été homo, je me serais dit que je pouvais tenter un truc...Mais là, je ne peux pas lutter, on ne joue pas à armes égales...Alors je préfère qu'il ne l'apprenne jamais.
Maman:
Oui, mais cette situation est en train de gangréner votre amitié, ce non dit te bouffe à petit feu et l'inquiète lui, il a l'impression de t'avoir fait quelque chose alors que tu es juste amoureux, il est déçu et ça le blesse que tu agisses comme ça...
Moi:
Oui, mais et moi dans tout ça?? Je ne peux pas continuer à aller le voir en sachant parfaitement que je suis amoureux et que je n'ai aucune chance, je suis peut être stupide par moments mais je ne suis pas fou!
Maman:
Tu sais Bill, tu ne va pas pouvoir rester dans cette impasse indéfiniment, il va bien falloir que tu débloques la situation à un moment ou à un autre, ça ne pourra pas durer...
Je le sais ça, je le sais...Ce que personne ne sait, c'est que j'en crève de ne pas pouvoir lui en parler, mais il n'est pas porté sur les mecs, ce qui me coupe toute tentative...Je me remets à pleurer à chaudes larmes sans raison...Putain j'en ai marre de chialer comme un gosse de 10 ans merde! Je voudrais tant ne pas chialer comme ça, mais c'est plus fort que moi...J'ai comme l'impression d'être dans un long couloir dont je ne vois pas la fin, je ne trouve aucune porte de sortie et ça me tue...Je l'aime putain, mais je suis juste trop lâche pour le lui avouer...
[...]Février, veille des vacances scolaires
Anh purée...Fini, cette satanée semaine de BAC blanc est enfin terminée et je vais pouvoir souffler, pour une fois les profs ne se sont pas déchaînés sur le boulot et je vais vraiment pouvoir me reposer...Je sors du bahut et vois Tom en grande conversation avec Elke, une des filles de ma classe, j'ai eu vent par une pote qu'il était célibataire depuis 2 mois maintenant, mais il ne fait pas plus attention à moi pour autant, je suis le pote avec lequel on sort, avec lequel on rigole et on raconte des âneries, pas un petit ami potentiel, c'est tout et ça me flingue. Je rentre à pied, ça me fera du bien de marcher un peu, tenter de me vider la tête...J'entends un souffle saccadé derrière moi et sens une main m'enserrer le bras, je me retourne et fais face à Tom qui, manifestement vient de se taper le sprint du siècle...Je le laisse reprendre sa respiration et lui fais un faible sourire...
Moi:
Alors? Qu'est ce que tu me veux pour me courir après comme ça?
Tom:
Juste te demander pourquoi tu continues à nous fuir comme tu le fais, pourquoi tu ne veux pas nous parler, pourquoi tu te terres dans un mutisme frustrant...
Moi:
Tom, je ne veux pas avoir à me répéter, mais je ne veux pas te dire, ni le dire aux autres merde! Qu'est ce que vous avez tous à me demander pourquoi je vous évite?
Et je reproduis le même schéma qu'il y a 2 mois...Je fuis, sauf que cette fois, Tom ne me laisse pas m'en aller et m'attire dans ses bras...
Tom:
Tu sais Bill, ça ne sert à rien de m'éviter, je veux savoir ce qu'il se passe, je me suis bien rendu compte que c'est avec moi que ça cloche, les autres m'ont dit que tu venais avec eux quand je ne suis pas là, et que les seuls moments ou toi tu ne viens pas, c'est quand tu es sûr de me trouver avec eux...
J'en ai marre, ah il veut savoir? Et bien il va savoir!
Moi:
Tu veux vraiment savoir ce qu'il y a?
Tom:
Bah oui, quand même, j'en ai marre des conversations stériles, marre d'avoir à te courir après pour que tu daignes me parler!
Moi:
Mais si tu ne t'es pas rendu compte, c'est que tu ne te poses pas les bonnes questions!! Je t'aime! Voilà pourquoi je t'évites, parce que tu es hétéro et étais, il y a 2 mois encore, en couple...Voilà pourquoi je t'évites, parce que je me sentais trop bien avec toi et que je n'avais pas ce droit, c'est tout! Maintenant lâche moi, j'en ai assez dit pour que tu puisses comprendre!
Et voilà, il sait, je ne lui laisse pas le temps de réagir ou quoi que ce soit et cours pour rentrer à la maison, il n'a pas vu les larmes dégouliner sur mes joues, et c'est tant mieux, je ne veux pas qu'il ait à subir cette vision.
Je vais passer mes vacances tranquille, il aura peut être oublié à la rentrée et je pourrai reprendre ma petite vie pépère d'amoureux transi...Mon téléphone vibre dans ma poche, je le prends et regarde, un SMS de Tom...
"Pourquoi t'es parti?
Pourquoi tu m'as laissé en
plan hein?
Je t'aurais pas bouffé >.<
12 Feb 2010 16:36
Von: Tom <3
Je referme le message et éteins mon téléphone, ça n'appelle même pas de réponse, il sait très bien pourquoi je suis parti, qu'il me lâche avec ses questions...Je l'aime c'est tout, mais je n'ai pas ma chance étant données ses préférences...C'est tout. Avec un peu de chance il va oublier ce que j'ai dit, on va reprendre une vie tranquille, moi dans mon coin, lui avec ses petites amies, on va passer le bac et on se reverra plus, comme ça je pourrais l'oublier, avec le temps et l'absence et arrêter de me faire du mal...Je sais, vous me direz que je suis pessimiste et que je ne sais pas ce que je veux, mais c'est comme ça...Je n'ai plus qu'une envie, aller me poser sur mon lit et ne plus sortir de ma chambre...
[...]Lundi de la rentrée...17h, fin de la journée pour Bill et Tom...
Je tente de me faire le plus discret possible et me fonds dans la foule d'élèves présents sur l'esplanade...Mais pas assez rapidement semble t'il puisque je me sens brutalement attiré en arrière et plaqué contre un torse par deux bras puissants...Pas besoin de demander à qui appartiennent ces bras, Tom m'a chopé et va sûrement vouloir des explications...
Tom:
Alors, depuis quand tu ne réponds plus quand on t'apelle ?
Moi:
Depuis que j'ai fait la plus grosse connerie de toute ma vie.
Tom:
Et? C'est sensé être quoi cette connerie?
Moi:
Tu le sais très bien, ne m'oblige pas à la répéter...
Tom:
Et pourquoi m'aimer serait une connerie? Tu peux me le dire?
Moi:
Oh ça va, arrêtes un peu tu veux??
Tom:
De quoi faire?
Moi:
De retourner le couteau dans la plaie!
Tom:
Alors expliques toi! Dis moi pourquoi tu penses que m'aimer est une connerie, pourquoi est ce que je retourne le couteau dans la plaie quand je t'en parle? Dis le moi! J'attends, j'ai tout mon temps tu sais!
Moi:
Parce que tu es hétéro! Voilà pourquoi! Parce que je pourrais faire tout ce que je peux sans arriver à mes fins, parce que je n'ai pas tout ce qui te plaît chez les femmes...Parce que tu aimes les femmes et que moi...Moi je t'aime toi. C'est tout...Je peux partir maintenant que je me suis bien ridiculisé?
Tom:
Mais bon sang pourquoi aimer quelqu'un te ridiculiserait-il? C'est à cause des gens et de ce qu'ils vont en penser? Mais tu t'en fous des autres, si tu te rends malheureux à cause de ce que peuvent penser les autres tu vas passer à côté de ta vie et tu n'en profiteras jamais.
Moi:
Mais mon problème, c'est pas les autres...c'est tes préférences...
Ses bras se détachent de moi et il va nous faire asseoir sur un muret...
Tom:
Et tu ne t'es pas demandé pourquoi je n'étais pas casé depuis plus de deux mois malgré toutes les filles qui me courent après? Naaaaaaaan, c'est vrai, monsieur Bill ne s'est pas posé la question!
Moi:
Nan tiens...T'es devenu moine? Tu as fait voeu de chasteté? Nan plus sérieusement, t'es trop accroché à une chaudasse généreusement dotée par la nature, je me trompe? Puis de toutes façons n'importe qui te plairait plus que moi alors hein...
Tom:
Mais arrêtes un peu de te déprecier à longueur de temps, ça devient chiant à la longue...Quant à dire que n'importe qui me plairait plus que toi, ça n'est pas vrai, parce que ce qui me plaît chez toi, c'est cette spontanéïté que tu manifestes sans arrêt, c'est ce côté gros dur qui ressort parfois, même si ces derniers temps on l'a pas trop vu ce côté gros dur...Ce sont tes manières parfois raffinées sans être féminines pour autant, c'est ton franc parler parce que quand tu as un reproche à faire tu n'y vas jamais par 4 chemins...Je continue ou j'arrête là ?! Et t'es beau Bill...Ne laisse jamais personne te dire le contraire...
Moi:
Ouais mais les autres...
Tom:
On s'en fout des autres! Tu sais ce que je veux?
Je hoche la tête, tout en la gardant baissée, lui interdisant tout contact visuel...
Moi:
Nan...
Tom:
Je voudrais pouvoir t'embrasser devant tout le monde sans que tu te poses de questions, sans que tu te demandes ce que vont dire ou penser les autres...Que tu sois vraiment avec moi quand je t'embrasserai...
Moi:
Mais...
Tom:
Tu sais Bill, il y a quelques petites choses que tu ignorais sur mon compte, comme le fait que je sois bisexuel par exemple...
Je tombe des nues, je ne l'ai jamais vu avec un mec et il me sort qu'il est bi...j'ai vraiment du mal à comprendre là...
Moi:
Mais je t'ai jamais vu avec un mec...Je ne pouvais pas savoir...
Tom:
Alors avant de tirer des conclusions, informes toi un peu...
Il me fait un bisou esquimau et je sens deux doigts se poser sous mon menton et me relever la tête, il plante ses yeux dans les miens...
Tom:
Et pour le fait de ne jamais m'avoir vu avec un mec, c'est parce qu'aucun n'a jamais réussi à m'intéresser comme toi tu le fais...Rha putain j'ai juste l'impression d'être une fille qui essaie d'expliquer à son mec pourquoi elle le suit comme une dinde.
Et moi je suis juste bien, dans ses bras, après 10 mois de torture mentale, je me sens juste bien dans ses bras...à ma place...tout simplement, ses lèvres se posent sur les miennes et je peux vraiment me dire que je suis à ma place entre ses bras...
Tom:
Tu ne dis plus rien...J'ai dit ou fait quelque chose?
Moi:
Nan...Pas cette fois...Juste que, nan rien. Et pour une fois c'est vrai...Je profite juste de toi et de ce petit moment...Je t'aime Tom...
Ca y est , j'ai enfin réussi à les sortir ces 3 petits mots, ces mots qui me prouvent que je ne me fais pas encore des illusions, que je ne rêve pas éveillé...
Tom:
Moi aussi Bill...Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi pendant les vacances, et j'aurais aimé que tu laisses ton téléphone ouvert, qu'on puisse au moins en parler, j'étais dans le flou total et ton silence ne m'a pas aidé tu sais...
Moi:
J'étais trop chamboulé pour laisser mon téléphone allumé, tes appels et messages m'auraient rappelé ce que j'avais fait et
Je commence à frissonner dans ses bras, même si il est encore relativement tôt, la nuit commence déjà à tomber et il fait de plus en plus frais...
Tom:
T'as froid? Tu veux rentrer chez toi?
Moi:
Ouais j'veux bien...Dis, tu...tu veux bien venir un peu à la maison, chais pas, te mettre un peu au chaud avant de rentrer chez toi?
Tom:
Si tu veux, j'envoie juste un texto à ma mère pour lui dire, autrement elle va me taper une crise...Et puis ça nous donnera l'occasion de discuter un peu, j'aimerais savoir pourquoi tu es si taciturne envers les autres à part nous, ça m'intrigue...
Je me lève du muret et l'entraîne à ma suite, prenant un des derniers trams passant devant le bahut, si on le loupe, il faudra aller le prendre à 2 ou 3 pâtés de maison d'ici et je me les caille trop pour marcher plus longtemps...
On part en courant comme des cons et en riant pour rien, si bien qu'on manque de louper le tram...On finit par s'affaler sur un des sièges, riant à gorge aussi déployée que nous le permettent nos halètements incessants...Bien vite, nous arrivons près de chez moi et rentrons dans la maison sous les yeux éberlués de mes parents qui nous regardent comme si nous étions des diables surgissant d'une boite...
Papa:
Eh bien les jeunes, vous pensez que c'est une heure pour rentrer...Hum attendez voir, 18h15
Le tout accompagné d'un immense sourire très niais...
Moi:
Ouais, bon...
Maman donne un grand coup de coude dans les côtes à mon père en lui faisant les gros yeux...Quels gamins ces deux là quand ils s'y mettent.
Je prends Tom par la main et l'emmène dans ma chambre, le pauvre, il doit se poser des questions après avoir vu mes parents...
Moi:
Fais pas attention au bordel, j'ai pas vraiment eu le temps de ranger...
Tom me plante un bisou sur le nez et rigole...
Tom:
Avec deux semaines de vacances t'as pas eu le temps de ranger? Mais t'as fait quoi?
Moi:
Mais j'ai dormi monsieur, j'ai rêvé de plein de trucs...Et j'ai rien fait...Mais tu sais, tu peux poser ton sac et t'asseoir sur mon lit hein, mon bazar va pas te bouffer.
Il se pose sur mon lit et je m'installe finalement en face de lui, prêt à discuter...
Tom:
Alors Bill, je sais qu'on connaît pas mal de choses l'un sur l'autre avec tout ce qui a pu se raconter avec la bande, mais j'aimerais savoir pourquoi tu es resté à te torturer pendant 3 mois...
Je le coupe...
Moi:
10 mois...
Tom:
Putain! 10 mois??? Bon bref, pourquoiest ce que tu es resté à te torturer pendant 10 mois sans en parler? Pourquoi est ce qu'on a tant de mal à te faire sortir de ta réserve habituelle? Tu es une vraie énigme Bill...Ne le prends pas mal, mais j'ai beaucoup de mal à te cerner, pourquoi tu ne viens spontanément que vers nous?
Moi:
Mais pourquoi tu veux savoir tout ça?
Tom:
Parce que je veux que mon petit ami se déride un peu et fasse un peu plus confiance aux autres, je voudrais arriver à te comprendre plus facilement, et à défaut de te mettre plus en confiance, arriver à savoir pourquoi tu as toujours cette nette tendance à te dévaloriser...
Moi:
J'aime pas en parler, c'est du passé mais bon, c'est bien parce que c'est toi...Quand j'étais gosse j'allais très souvent vers les autres, seulement, eux ne voulaient pas de moi, j'ai bien souvent été accueilli à coups de pieds dans le dos et il a fallu que maman aille en parler aux instits...Instits qui lui ont répondu que je m'étais fait ça tout seul, et les emmerdes ont commencé, j'ai vécu l'enfer à l'école, encaissant moqueries sur moqueries, ne pouvant aller me plaindre parce que les instits ne les voyaient pas faire et ne me croyaient pas si j'y allais...On était à peine deux cents élèves dans l'école et tout le monde tournait le dos quand cette bande s'en prenait à moi, parce que le meneur de cette bande avait perdu son père et que tout le monde sortait cette excuse pour justifier son comportement envers moi, disant toujours que c'était normal, que le môme avait mal et qu'il déversait sa douleur sur moi, la propre mère de ce gamin a même voulu me faire changer d'école à un moment, parce que soi disant, c'était moi qui avais déclenché toute cette hsitoire, et que c'était donc moi qui devais m'en aller...Seul le directeur de l'école a soutenu mes parents, disant que ce n'était pas à moi de changer ni de classe, ni d'école. Il avait même poussé les choses jusqu'à dire à la mère du gosse que son fils était un voyou et qu'on le lui ramènerait un jour entre deux flics. Et quand tu entends à longueur de journée que tu es un monstre, que tu es moche etc, et que tu ne trouveras jamais quelqu'un qui veuille bien de toi, tu finis par penser que c'est vrai puisque tout le monde te le dit...Parce que ce que peu de gens savent, c'est qu'en primaire et au collège, j'étais vraiment plus rond que maintenant et qu'avec les poussées hormonales dues à l'adolescence je me suis considérablement affiné, raison pour laquelle personne du lycée n'a connu mon physique ingrat...Mais quand tout le monde passe son temps à te rabaisser et que personne ne prête la moindre attention à toi, tu te dis que personne ne le fera jamais...
Le calvaire a continué au collège aussi, je me suis renfermé de plus en plus et n'ai plus fait confiance aux gens, parce que j'en avais marre d'être utilisé, on ne venait me voir que quand ça arrangeait tout le monde, quand il y avait des devoirs à faire ou quand les gens oubliaient leurs affaires ils savaient bien que j'existais mais en dehors de ça personne ne se souciait de moi mis à part les surveillants qui s'inquiétaient de me voir seul sans arrêt...Les 4 années se sont passées comme ça, alors comme personne ne s'intéressait à moi, j'ai bien vite appris à me résigner et à tout garder pour moi, parce que même si ma meilleure amie était dans le même collège, on avait pas les mêmes horaires et on ne se voyait pas souvent...Puis quand je suis arrivé au lycée, ça a été comme un bol d'air frais, les gens ne m'ont pas jugé sur ce que je paraissais être, mais sur ce que j'étais vraiment, ils ont quand même essayé de venir me voir malgré ma méfiance envers eux, les mentalités n'étaient plus les mêmes et j'avais choisi ce lycée pour être sûr de ne pas recroiser les engeances qui m'avaient pourri la vie durant 9 ans, mais je ne suis jamais sorti avec qui que ce soit, les mecs qui m'intéressaient étaient soit casés, soit hétéros, soit je ne les tentais pas...Et j'avais bien trop peur de me prendre un vent si j'allais les voir, alors je ne suis jamais sorti avec personne...Puis j'ai commencé à être attiré par toi l'an dernier, mais n'ayant jamais eu de copain, je m'étais résigné à t'aimer en silence, à ne pas être aimé en retour et ça me minait chaque jour un peu plus...Je ne pensais pas avoir ma chance avec qui que ce soit, et encore moins avec toi, alors je me suis encore plus renfermé...Puis l'opinion des gens me fait peur, j'ose pas me lâcher par peur de ce que les gens vont penser de moi, par peur qu'ils salissent tout...
Tom me regarde d'un air horrifié et s'approche de moi, m'enlaçant en nous balaçant doucement...
Tom:
Alors c'est donc pour ça...Mais pourquoi tu les as écoutés cette bande de cons? C'est pour ça que tu ne te mets presque pas en avant, je comprends mieux pourquoi...
Il se détache de moi et prend mon visage entre ses mains...
Tom:
Ecoute moi bien, tu n'as pas de comptes à leur rendre, tu as bien le droit d'avoir un copain et si ça les dérange tu leurs dis merde, hein !?!
Je rigole doucement, appréciant chaque seconde avec lui, me disant que j'ai vraiment eu de la chance de tomber dans la même classe que lui l'an dernier, que j'ai de la chance de m'être lié d'amitié avec lui puis que j'ai de la chance qu'il soit devenu mon copain...
Tom:
Si te voir heureux ne leur plaît pas, alors demande toi si eux sont vraiment aussi heureux qu'ils le prétendent, parce que ceux qui crachent sur le bonheur des autres sont souvent malheureux et aigris par la vie...Ils finiront seuls, envieux et aigris, dans leur coin...Laisse les, on m'a toujours dit qu'on ne pouvait pas faire le mal tout le temps, tôt ou tard ils devront payer la note...Moi je voudrais que tu retiennes une chose, une seule...Je t'aime Bill, et c'est une des seules choses dont tu n'auras jamais à douter...Ne gâche pas ton bonheur à cause d'eux ils n'en valent pas la peine.
Je lui assène une claque derrière la tête avant de le regarder avec une moue interrogatrice...
Tom:
Bah oui, j'ai quitté ma copine, ça allait plus entre nous, et j'ai commencé à me sentir étrangement blessé de constater que c'était moi que tu évitais avec tant de force, je me suis posé beaucoup de questions et j'en suis arrivé à la conclusion selon laquelle j'aurais aimé être plus qu'un ami pour toi, mais tu me fuyais avec tant de détermination que j'ai pensé que je ne t'intéressais pas...Puis bon, les filles me tournaient autour avec toujours plus d'insistance et finissaient par me soûler, mais vraiment me soûler, puis toi tu...t'es vraiment pas pareil, tu es discret, on te remarque mais toi tu n'as pas l'air de t'en rendre compte, toujours avec ton casque sur les oreilles, toujours dans ta bulle, c'est surtout ça qui m'attire chez toi, ta personnalité...Et je t'aime avant tout pour ça...
Mon coeur fait des bonds dans ma cage thoracique, jamais personne ne m'avait dit des choses comme ça, personne à part lui...Et ça fait vraiment du bien...Nous sommes à présent allongés sur mon lit, face à face, discutant à voix basse et rigolant sans arrêt des bêtises de l'autre...Parce que nous ne sommes encore que deux grands dadais qui s'amusent avec trois fois rien, s'embrassant doucement entre deux éclats de rire mal dissimulés...Je me sens glisser malgré moi dans les bras de morphée, étroitement enlacé par Tom...Je me sens bien, je suis bien...Je vais très bien finir mon année cette fois, puisqu'il est avec moi...
Fin
Si vous lisez, laissez au moins un commentaire, que je puisse avoir votre avis, même si c'est pour me dire que c'est nul ou un truc dans le genre...
Quant aux personnes qui liront, même sans laisser d'avis, merci d'être passées